Petit lexique des mots utilisés
dans le petit monde de la douane et de la fraude
Aubette ou hobette : poste de douane souvent situé en pleine campagne, tout le long de la frontière. De là les douaniers surveillaient les quatre points cardinaux à l'affût des moindres mouvements d'hommes et de marchandises.

Bagnole : lit d'embuscade aussi appelé châlait dont se servaient les douaniers durant l'embuscade.

Marmotte : petit écritoire fermé avec un cadenas et servant au chef de poste d'une brigade de douane à enfermer ses ordres écrits afin que les agents découvrent au dernier moment l'endroit où ils avaient à prendre leur service. Cet usage s'est révélé efficace pour lutter contre toute compromission d'agents envers des fraudeurs.

Marron : utilisé par les douaniers lors des longues nuits d'embuscades. Couchés dans leur lit ou bagnole (voir plus haut) le douanier de veille serrait dans sa main le marron, petit morceau de bois ou simple caillou. En cas de visa d'un chef, si les deux douaniers étaient surpris à sommeiller, seul celui en possession du marron était puni.

Gabelou : c'est l'autre appellation des douaniers jadis chargés de percevoir la gabelle ou taxe sur le sel.

Pacotille : petit contingent de fraude (sucre, chocolat, tabac, café...) passé illégalement par le bureau des douanes et caché sous le manteau... ou dans toutes sortes de caches.

Fraude : Passage de marchandises souvent de moindre importance par dissimulation lors d'un passage par un bureau de douane.

Aviseur : il s'agit en terme administratif d'un "indic". L'aviseur pertinent permettait aux douaniers de réaliser de belles affaires. Il touchera une quote-part de l'amende infligée appelée la part d'intervenant.
Faux sel : ce mot désigne le sel de contrebande, il s'agit bien entendu du même sel que celui des greniers. Ce faux sel échappait entièrement au contrôle des gabelous.

Noir : douanier en civil chargé de traquer les fraudeurs en se mélangeant à la population.

Contrebande : Passage de marchandises hors taxes ou prohibées en quantités plus ou moins importantes en dehors des points de passage obligés (poste de douane ou bureau).

Penthière : carte reprenant la zone de compétence géographique d'une brigade de douane. Chaque endroit, lieu-dit, route, chemin... indiqué sur cette penthière était codé et donc compréhensible des seuls douaniers : moulin du pendu, chapelle du renard...

Carotte : tabac torsadé et prêt à l'emploi, soit pour la pipe, soit pour la prise, soit pour la chique. La carotte est devenue l'enseigne des débitants de tabac en France.

Blatte : sac en toile rempli de tabac. On parlait de chien blatté (ou blaté). La pauvre bête, chargée de 8 à 10 kilos de tabac, était lâchée en Belgique seule ou attachée à un fraudeur (ceinturier) pour l'aider à courir plus vite.

Chausse-trappe : piège à animaux composé d'une trappe dissimulée par un trou recouvert de feuilles. En matière de contrebande, ce sont des clous de fer aciérés jetés en grand nombre sous les roues des voitures de douane.

Rebat et contre-rebat : chaque matin des douaniers relevaient toutes traces de pas d'hommes ou pattes de chiens en parcourant dans les deux sens une large bande de terrain parallèlle à la frontière.



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